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Côte d’Ivoire : le taux de divorce atteint 45 %, les causes d’une hausse inquiétante

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 27 juillet 2026 à 13:57
Côte d’Ivoire : le taux de divorce atteint 45 %, les causes d’une hausse inquiétante

En Côte d’Ivoire, le divorce connaît une progression avec un taux estimé à 45 % ces dernières années. Entre consentement mutuel et divorce pour faute, les autorités évoquent plusieurs causes, dont l’infidélité, les difficultés financières et les problèmes de communication au sein des couples

En Côte d’Ivoire, le divorce correspond à la dissolution légale d’un mariage civil prononcée par un tribunal. Encadrée aujourd’hui par la Loi n°2022-793 du 13 octobre 2022, qui a remplacé l’ancienne législation de 1964, la procédure reconnaît principalement deux formes de séparation : le divorce par consentement mutuel et le divorce pour faute.

 La demande de divorce est examinée par le tribunal de première instance compétent, qui statue sur la fin du mariage ainsi que sur ses conséquences, notamment la garde des enfants, la pension alimentaire ou encore la répartition des biens selon les situations.

Ces dernières années, le phénomène du divorce connaît une progression en Côte d’Ivoire. Selon les données communiquées par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le taux de divorciabilité est estimé à environ 45 %, contre 40,7 % en 2020.

Les statistiques de l’état civil illustrent également cette évolution. En 2021, environ 1 590 divorces ont été officiellement prononcés. En 2024, l’Agence nationale de la statistique (ANSTAT) a enregistré 1 710 demandes de divorce pour 30 912 mariages célébrés.

Parmi les procédures engagées, le divorce par consentement mutuel occupe une place importante, représentant environ 34,8 % des cas recensés. Cette formule permet aux époux de mettre fin à leur union d’un commun accord, dans un cadre juridique défini.

Les spécialistes et acteurs sociaux identifient plusieurs facteurs à l’origine des ruptures conjugales. Parmi les causes les plus fréquemment évoquées figurent :

L’infidélité ou l’adultère, souvent citée comme l’une des premières causes de divorce

Le manque de communication entre les conjoints

Les difficultés financières et les désaccords liés à la gestion du foyer

L’ingérence des belles-familles dans la vie du couple

L’influence des réseaux sociaux, qui peut parfois accentuer les tensions conjugales.

Dans le cadre du divorce pour faute, la législation ivoirienne prévoit notamment des motifs comme l’adultère, les excès, sévices ou injures graves, ainsi que l’abandon du domicile conjugal ou de la famille.

Une préoccupation sociale grandissante

La hausse des divorces est devenue un sujet de préoccupation pour les autorités et les organisations de la société civile. Elle soulève des interrogations sur la solidité de la cellule familiale et les changements qui affectent les relations conjugales.

Face à cette situation, plusieurs initiatives sont développées autour de la sensibilisation, de la médiation familiale et de l’accompagnement des couples afin de prévenir les ruptures lorsque cela est possible.

Si le divorce constitue aujourd’hui une possibilité légale permettant de mettre fin à une union devenue difficile, son augmentation traduit aussi les profondes transformations sociales que connaît la société ivoirienne.